Après que l'exécutif ait validé le projet du salon informatique, les deux présidents sont à la recherche des fonds. La liste de personnes cibles est déjà prête et la priorité reste sur le centre de recherche CARID RGL, l'Ambassade de la RDC au Burundi et certaines entreprises (sociétés) oeuvrant dans le domaine d'informatique. Dans chaque enveloppe, on peut trouver un projet bien cousu de 6pages avec une lettre de motivation ayant pour objet demande de financement.

Invité dans une émission à la radio scolaire Nderagakura, le Président KIJANA explique le projet :

L’école est une institution qui se propose de dispenser l’instruction à tous les enfants. Il ne s’agit pas seulement de transmettre de génération en génération les savoirs et les savoir-faire qui assurent la production des biens requis pour vivre ; il faut aussi construire l’autonomie de jugement de chaque citoyen, en lui donnant l’assise fondatrice d’une culture ouverte à l’universel. En somme, affirmer la dimension éducative de l’instruction en rendant possible le processus par lequel l’élève advient comme sujet libre, maître de ses pensées. C’est en effet un tel accomplissement qui le rend capable d’assumer son rôle économique et social, sa responsabilité de citoyen, et plus généralement sa vie d’homme accompli, de façon réfléchie et autonome. L’idéal de l’école se propose pour des fins simultanées la réalisation de l’accomplissement humain comme tel, l’exercice éclairé de la citoyenneté, et la formation en vue de l’’activité professionnelle.Voilà pourquoi la mission fondatrice de l’école est « le partage de connaissances ».

L’école est aujourd’hui assaillie par des nombreuses demandes. La société elle-même semble attendre de l’école qu’elle lui fournisse de travailleurs conformés voire « formatés » selon les contraintes de l’heure, mais elle réclame en même temps des personnes capables de s’adapter en toute autonomie aux mutations presque incessantes des savoirs et des savoir-faire.

Face à la complexité des études, il revient aux apprenants de pouvoir travailler en équipe, de pouvoir discuter, de pouvoir échanger sur les thématiques d’actualités et/ou de leur domaine. Ces échanges ou discussions ou encore travaux en équipe augmenteront tant soit peu l’esprit de recherche et de créativité voire même de leadership et de confiance en soi et enfin de découverte de nouvelles approches car de la discussion, de l’incompréhension, du choc des idées jaillit la lumière, dit-on.

C’est alors après plusieurs réflexions que nous, étudiants congolais de l’Université du Lac Tanganyika, avons trouvé important de pouvoir organiser un événement académique que nous appelons « Salon informatique », où les étudiants de la faculté d’Informatique de l’ULT s’initieront petit à petit à ces pratiques en échangeant et en exposant ce qu’ils savent faire dans les nouvelles technologies en général, l’informatique en particulier. C’est ainsi que ces échanges contribueront, bien qu’indirectement, à l’appréhension de la part de la jeunesse estudiantine de l’ULT (sans distinction de sexe ni d’origine), dans le travail en équipe et la recherche, la découverte et la créativité. Cette gestion indirecte non seulement la prépare à affronter l’avenir avec nouvelles visions pour amorcer un nouvel élan de travail en synergie et de présentation de leurs travaux mais également l’amène à améliorer son expression (parlé) et à garder la confiance en soi.

Le souci d’amener la jeunesse estudiantine de se rendre compte de son rôle majeur dans le processus de sa propre formation académique : en ce sens, la première maxime de Descartes pourrait illustrer la démarche de l’instruction de soi par soi: « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je la connusse évidemment être telle » (Discours de la méthode, deuxième partie).

Ma pensée est mienne, parce que mes pensées dépendent de l’ordre que j’adopte pour en garder la maîtrise. En ce sens, on s’instruit soi-même de ce qu’il y a à comprendre. La forme pronominale signale que c’est l’esprit qui s’éclaire lui-même et ne peut faire siennes les raisons en jeu que s’il les assume librement ; l’amener à développer l’esprit de travail en équipe en vue de la cohésion et de complémentarité, l’amener à approfondir la recherche et surtout la rappeler non seulement à un changement de mentalités mais aussi au comportement à tenir pour affronter la société et vendre l’image de l’ULT en exposant les talents informatiques que celle-ci regorge.

Tels sont les motifs de la conception de l’initiative d’organiser cette activité académique qui est l’exposition de talents et/ou connaissances informatiques qui sera suivie d’un débat en informatique.